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Centres de la petite enfance et garderies

 
Les bactéries résistantes aux antibiotiques


Par Maude Saint-Jean, CHU Sainte-Justine

La résistance des bactéries aux antibiotiques fait à l’occasion la une des journaux et peut susciter des craintes. A-t-on raison de s’inquiéter de ce phénomène qui, pourtant, n’est pas récent? Le premier cas de staphylocoque doré résistant à la pénicilline a été rapporté en 1945, alors que cet antibiotique avait été utilisé pour la première fois en 1942.

On insiste beaucoup, de nos jours, sur les infections causées par des « superbactéries ». C’est un phénomène complexe et omniprésent qui ne concerne pas seulement les hôpitaux ou les équipes sportives, mais aussi l’industrie alimentaire locale et internationale.

Qu’est-ce que la résistance bactérienne?

Les antibiotiques tuent les bactéries. Plusieurs types d’antibiotiques existent et chacun d’eux tue seulement certaines catégories de bactéries. La résistance survient lorsque, en laboratoire, une bactérie survit en présence d’un antibiotique, à une dose qui la tuait auparavant.

Les raisons de l’apparition de la résistance bactérienne ne sont pas claires. La principale cause est probablement l’utilisation inadéquate des antibiotiques. Les bactéries qui ne sont pas tuées vont se multiplier et prendre la place de celles qui sont mortes. Plus tard, ces bactéries pourront causer des infections, qui ne seront pas guéries par les antibiotiques usuels. Il faudra alors avoir recours à des antibiotiques plus spécialisés et souvent très chers.

Les mesures suivantes peuvent contribuer à réduire les risques de résistance bactérienne liés à l’utilisation des antibiotiques :

  • Prendre les antibiotiques conformément aux recommandations du médecin et de la pharmacienne ou du pharmacien. Prendre la bonne dose, pour toute la durée prescrite, même si les symptômes ont disparu.
  • Ne jamais prendre des antibiotiques prescrits à quelqu’un d’autre ou reprendre des antibiotiques restants.
  • Éviter de traiter des infections virales par des antibiotiques. En effet, la majorité des infections chez l’humain (ex. : rhume, grippe) sont causées par des virus, que les antibiotiques ne tuent pas. Par contre, lorsqu’une infection bactérienne survient, elle peut rendre très malade et il faut la traiter.
  • Ne pas jeter les médicaments restants ou périmés. Les rapporter à une pharmacienne ou à un pharmacien qui saura s’en défaire.

L’usage répandu des antibiotiques n’explique pas tout. Par exemple, bien qu’on utilise la pénicilline depuis très longtemps pour traiter les infections à streptocoque du groupe A, cette bactérie, qui est responsable, entre autres, des amygdalites, n’a jamais été trouvée résistante à cet antibiotique.

Des liens ont été établis entre la résistance aux antibiotiques et l’utilisation d’antimicrobiens dans l’élevage animal, certaines destinations de voyage et une forte densité de population. En augmentant la promiscuité, on accroît l’échange de microbes. De plus, bien que les preuves scientifiques n’aient pas été établies hors de tout doute, il semble que l’utilisation grandissante, plus ou moins justifiée, de produits antimicrobiens pour les activités d’hygiène et de nettoyage ajoute au problème.

La résistance bactérienne est inévitable et elle est là pour rester.

Nous pouvons, toutefois, agir pour ralentir l’apparition de superbactéries.

  • La mesure la plus simple, la moins coûteuse et celle qui est de loin la plus efficace pour éviter d’attraper un microbe ou de le transmettre à une autre personne, c’est le lavage des mains. Au service de garde et à l’école, les activités devraient être structurées et le matériel disponible pour que ce soit facile et accessible.
  • En se faisant vacciner, on prévient les maladies évitables par la vaccination. Par le fait même, on prévient l’utilisation d’antibiotiques pour les traiter ou pour traiter leurs complications.
  • Une bonne hygiène corporelle est également essentielle.

En cas de blessure, surtout s’il y a suintement de sécrétions, il faut :

  • Nettoyer et recouvrir la peau de pansements qui seront jetés rapidement après usage.
  • Se laver les mains après avoir touché à une blessure ou à un objet potentiellement contaminé.
  • Éviter le partage des produits d’hygiène et des articles personnels qui entrent en contact avec les lésions.
Dernière mise à jour :
26 juillet 2013