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Centres de la petite enfance et garderies

 
Des nouveautés pour contrôler les poux de tête, ces petits éPOUvanteurs!


Par Julio C. Soto, Institut national de santé publique du Québec

Penser aux poux de tête est désagréable, mais en trouver sur la tête de nos enfants est affreux, n’est-ce pas? Nous observons maintenant, à l’échelle planétaire, une véritable épidémie d’infestation de poux de tête, des insectes très bien adaptés aux divers environnements, y compris celui de leur seul hôte connu, l’humain. Aujourd’hui, nous connaissons mieux le cycle de vie des poux ainsi que leur mode de transmission préféré, le contact de tête à tête. Nous savons qu’ils ont développé des mécanismes de résistance génétique aux insecticides utilisés pour les éliminer. Cette forme de résistance commence à se répandre partout et déjà, dans certains pays tels que l’Angleterre, elle constitue la forme prédominante lors des éclosions. Au Canada, la résistance aux insecticides est présente, mais son ampleur est inconnue.

Tout le monde peut avoir des poux de tête. Cependant, il existe des facteurs qui prédisposent à l’infestation, à savoir : être âgé de 8 à 9 ans en moyenne, avoir peu de connaissances sur le problème et sur les moyens de le contrôler, vivre dans des conditions socio-économiques précaires, manifester des comportements tels que le déni ou la négligence et sous-estimer le problème. Il y a d’autres facteurs associés comme être de sexe féminin, avoir des antécédents d’infestation et porter les cheveux longs.

En ce qui concerne l’infestation elle-même, on sait que dans sept cas sur dix, les personnes touchées n’ont pas de symptômes, surtout pendant les quatre à six premières semaines de l’infestation. Lorsque celle-ci se manifeste, c’est par des démangeaisons du cuir chevelu, particulièrement derrière les oreilles et dans la partie postérieure et inférieure de la tête. La présence de lentes, des oeufs de couleur blanc grisâtre pondus par le pou femelle, n’est pas un critère pour établir un diagnostic d’infestation active. Seule l’observation d’au moins un pou vivant confirme ce diagnostic. Ce fait est important car on ne traite que des infestations actives. Le traitement préventif, préconisé par certains, est déconseillé car il n’est pas efficace et peut avoir des effets indésirables.

Cependant, visualiser un pou n’est pas toujours facile. Pour l’examen de la tête, il est nécessaire de développer une habileté à utiliser un peigne fin. Il revient aux parents, avec le soutien des intervenants concernés, d’acquérir cette compétence.

En ce qui concerne le traitement, voici quelques nouveautés :

  • l’ajout à l’arsenal de produits anti-poux de substances naturelles ou d’extraits biologiques (NydaMD, ResultzMD, ZapMD) maintenant éprouvés qui agissent sur les poux selon un mécanisme d’action physique, en déshydratant et en obstruant leurs canaux respiratoires;
  • le choix et la fréquence d’utilisation des produits anti-poux : on propose aux intervenants et aux parents de choisir parmi deux catégories de produits, soit les pédiculicides, qui ont la capacité de tuer les poux, et les ovicides, qui tuent les lentes. Pour les produits fortement pédiculicides et ovicides, le traitement est de deux applications, et pour les produits pédiculicides mais moins ou pas du tout ovicides, on fait trois applications;
  • les examens de la tête fréquents et l’utilisation du peigne fin deviennent des éléments indispensables pour le contrôle des poux de tête;
  • l’examen de la tête, au dix-septième jour après le début du traitement, devient l’indicateur d’échec ou de réussite;
  • retirer de leur milieu jusqu’au début du traitement les personnes infestées est généralement déconseillé, ou alors on le fait pour une courte durée quand il s’agit d’infestations persistantes et massives, c’est-à-dire quand les personnes ont des centaines de poux sur la tête.

La meilleure façon de rendre ces connaissances et ces mesures efficaces et rentables est de sensibiliser les parents, les enfants et les intervenants au problème et de leur faire adopter une attitude rationnelle, pratique et collaborative. C’est grâce au savoir-être que nous pourrons contrôler ces petits éPOUvanteurs qui nuisent à notre qualité de vie!

Dernière mise à jour :
29 octobre 2012