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Centres de la petite enfance et garderies

 
Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) : doit-on s’inquiéter d’un éventuel retour?


Par Claire Béliveau, hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le SRAS a semé beaucoup d'inquiétude dans le monde entier l'an dernier. Doit-on craindre une nouvelle épidémie au Canada ou ailleurs ?

Historique | Épidémiologie | Quel est le coupable ? | Les symptômes | Le diagnostic | Le traitement | Que nous réserve l'avenir ?


Historique

Les premiers cas de SRAS sont survenus en novembre 2002 dans la province de Guangdong située dans le sud de la Chine. Entre novembre 2002 et février 2003, 792 cas ont été diagnostiqués dans cette seule région géographique. Dans cette première vague, la plupart des personnes atteintes étaient des membres du personnel soignant des hôpitaux ou des membres de la famille des malades.

Un médecin de cette région ayant rendu visite à sa famille à Hong Kong en mars 2003, serait à l'origine de l'épidémie qui a frappé Toronto, le Vietnam, Hong Kong et Singapour. Il aurait contaminé d'autres vacanciers qui séjournaient dans le même hôtel, dont une Torontoise de 78 ans qui aurait elle-même transmis l'infection à son fils, sa bru et son médecin de famille, praticien à Toronto.


Épidémiologie

Environ 8400 cas ont été répertoriés à ce jour dans 29 pays d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord. Quatre-vingt-trois pour cent des cas sont survenus en Chine et à Hong Kong. Aucun cas ne s'est déclaré après le 7 juillet 2003, à l'exception d'un étudiant en stage dans un laboratoire de virologie de Singapour qui aurait été infecté en septembre 2003.

L'infection se transmet surtout de personne à personne par les gouttelettes respiratoires. Ce type de transmission est également observé pour la varicelle. Il est aussi possible que l'infection puisse se propager par l'intermédiaire d'objets.

L'infection est très contagieuse. Une seule personne aurait eu l'opportunité de transmettre l'infection à 158 personnes en deux semaines. La plupart des cas touchent des adultes. Moins d'une dizaine de cas ont été rapportés chez les enfants. La majorité des décès sont survenus chez des personnes âgées de plus de 60 ans qui avaient d'autres ennuis de santé (diabète, maladies respiratoires ou cardiaques).

Ajouter la vaccination antigrippale à votre liste des choses à faire à l'automne.


Quel est le coupable ?

L'agent responsable du SRAS est un virus qui appartient à la famille des coronavirus. Connus de longue date, les coronavirus sont associés chez l'homme à des infections respiratoires banales (congestion nasale, écoulement), à des otites et à des gastro-entérites. Ils sont à l'origine du tiers des infections respiratoires supérieures qui surviennent l'automne et l'hiver en Amérique du Nord.

L'analyse du génome (le « cerveau ») des virus en cause dans l'épidémie montre que les souches sont très différentes des coronavirus connus jusqu'à maintenant. Certains scientifiques ont émis l'hypothèse que cette nouvelle souche proviendrait d'un petit mammifère, le Paguma larvata, réputé en Chine pour sa bonne chair et populaire comme animal de compagnie. La province de Guangdong est reconnue pour ses élevages de Paguma larvata.


Les symptômes

Les symptômes ressemblent à ceux de la grippe. Les patients font de la fièvre, ont des frissons, des courbatures et des malaises généraux. Une brève amélioration est rapidement suivie de la reprise de la fièvre, de toux et de grandes difficultés respiratoires. Plus de 40 % des infections survenues chez les personnes de plus de 60 ans ont conduit au décès par insuffisance respiratoire.


Le diagnostic

Le Québec s'est doté des outils les plus modernes afin de pouvoir diagnostiquer l'infection le plus rapidement possible. Il existe trois méthodes : la culture du virus, la détection de son génome et la recherche d'anticorps sur un échantillon de sang.


Le traitement

Plusieurs antibiotiques ont été administrés chez les patients, sans beaucoup de succès. À ce jour, aucun antiviral ne s'est montré efficace.


Que nous réserve l'avenir ?

La plupart des experts craignent que le SRAS ne refasse son apparition à la prochaine saison de la grippe. Cette souche particulière de coronavirus provient probablement d'un réservoir animal qui s'est adapté à l'homme et qui pourrait reprendre son scénario. Ce risque reste cependant théorique.

Il en est tout autrement de la grippe qui, elle, frappe chaque année, fauchant la vie des personnes les plus fragiles mais causant aussi chez parents et enfants des malaises, de la toux, des maux d'oreille qui peuvent entraîner des jours d'absence au travail et au service de garde. Alors, en plus de sortir l'habit de neige, le foulard, la tuque et les mitaines, ajoutez la vaccination antigrippale à votre liste des choses à faire cet automne. Elle est gratuite pour les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, dont l'asthme.

Dernière mise à jour :
30 avril 2009