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Centres de la petite enfance et garderies

 
Encore ce feu sauvage !


Par Louise Poirier, Hôpital Maisonneuve-Rosemont

L’ulcère de la lèvre, souvent appelé « feu sauvage », est la manifestation la plus fréquente, sur la bouche et le visage, de l’infection causée par le virus Herpes simplex (VHS). Cette infection est bénigne, mais peut être incommodante et susciter plusieurs interrogations, en particulier quant au risque de transmission.

L’infection par le virus VHS est très répandue : on estime qu’à l’âge de 5 ans, de 30 à 60 % des enfants auront contracté le virus.

Lors de la première infection, la personne atteinte peut ne développer aucun symptôme, avoir de nombreux ulcères ou vésicules dans la gorge ou la bouche ou présenter une rougeur diffuse de la gorge (c’est la gingivostomatite). Ces manifestations douloureuses durent de 3 à 14 jours, peuvent s’accompagner de fièvre et causer des difficultés d’alimentation et d’hydratation chez l’enfant.

Après cette première infection, le virus migre vers un ganglion nerveux où il demeure pour la vie. Cela explique le phénomène des récidives qui surviennent à la suite de différents stimuli ou stress, comme l’exposition au soleil, un traumatisme local ou la fièvre. Le virus se réactive alors et donne de nouvelles lésions. Celles-ci se manifestent par un groupe de vésicules ou un ulcère à la lèvre, dans la bouche ou au nez. Les lésions sont plus localisées, moins douloureuses et de durée plus brève que lors de la première infection. Elles ne s’accompagnent pas de fièvre et la personne demeure en bon état général. Ces récidives, ce sont les « feux sauvages ». Certaines personnes n’en font jamais, alors que d’autres, sans que l’on sache pourquoi, en font souvent.

Le panaris, une infection au doigt, est une complication de l’infection herpétique de la bouche et du visage. Elle survient, par exemple, chez un enfant qui suce ses doigts.

La transmission

Le virus se transmet lorsque la salive ou les lésions d’une personne infectée entrent en contact avec les muqueuses (bouche, lèvres, yeux) ou la peau non intacte (blessure, éraflure, eczéma) d’une personne non infectée. Cette transmission peut se produire, par exemple, lors d’un baiser, ou par des objets contaminés par la salive. Le virus peut aussi se retrouver, en quantité moindre, dans la salive de personnes qui n’ont aucun symptôme, et la transmission peut avoir lieu en l’absence d’ulcère.

Malgré tout, les éclosions sont rares en service de garde à l’enfance.

Mesures de prévention

Le « feu sauvage », qui peut être agaçant, demeure une infection bénigne. Pour diminuer le risque de transmission, les mesures suivantes sont conseillées :

  • Éviter le partage des objets que les enfants portent
  • à leur bouche;
    Ne pas toucher aux lésions;
  • Couvrir les lésions jusqu’à ce qu’elles soient croûtées :
    • obligatoirement pour celles des doigts;
    • dans la mesure du possible pour celles du visage.

Il n’y a pas lieu d’exclure un enfant qui présente une infection herpétique localisée. Par contre, l’enfant souffrant d’une première infection (gingivostomatite) est souvent trop malade pour suivre les activités du groupe et devrait être exclu jusqu’à ce que son état s’améliore.

Les membres du personnel qui ont des lésions herpétiques au visage devraient les couvrir, plus particulièrement s’ils s’occupent d’enfants de moins de 3 mois ou d’enfants immunosupprimés (qui ont une déficience du système immunitaire).

Ceux qui présentent des lésions aux doigts doivent les couvrir en tout temps. Ils devraient aussi éviter les contacts avec les enfants de moins de 3 mois ou les enfants immunosupprimés. De plus, ils devraient porter des gants lors des changements de couche.

Enfin, le lavage des mains est une mesure simple qu’il est toujours bon d’encourager, surtout si, accidentellement, on a mis son doigt sur le « feu » !

Dernière mise à jour :
29 mai 2009