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Centres de la petite enfance et garderies

 
Le SARM-AC, mais qu’est-ce?


Par Roseline Thibeault, M.D., FRCPC, infectiologue et pédiatre, Centre mère-enfant, CHUQ-CHUL

Un enfant fréquentant le service de garde a une plaie infectée au Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline acquis en communauté (SARM-AC). Qu’est-ce? Que faire?

Qu’est-ce que le SARM-AC?

Le Staphylococcus aureus est une bactérie qu’on trouve sur la peau et les muqueuses de 10 à 40 % des enfants et adultes en bonne santé, le plus souvent aux sites suivants : narines, gorge, périnée, aisselles, vagin et rectum. On parle alors de colonisation qui ne cause aucune maladie. Cette bactérie peut aussi causer une grande variété d’infections, principalement des infections de la peau, des tissus sous la peau, des os, des muscles, des articulations, des poumons et du sang.

Le SARM est une souche de Staphylococcus aureus résistante à une catégorie d’antibiotiques habituellement utilisés pour le traitement de ces infections. Des souches résistantes existent depuis 1961. Elles ont d’abord été décrites chez des personnes fréquentant le milieu hospitalier (SARM-AH). Depuis 1980, cette résistance s’observe dans la collectivité et survient chez des personnes sans problème médical.

Le SARM-AC cause le même type d’infection que le Staphylococcus aureus sensible à la méthicilline. Toutefois, le SARM-AC étant plus virulent, les personnes porteuses sont plus à risque de développer une infection. Les enfants semblent aussi plus vulnérables que les adultes.

Est-ce fréquent?

Dans certaines régions du monde, dont certains États américains, le SARM-AC a pris une proportion épidémique et est devenu la souche prédominante (c’est-àdire qu’il est plus fréquent que le Staphylococcus aureus sensible à la méthicilline). La prévalence n’est pas bien connue au Canada et au Québec. Toutefois, elle est en augmentation depuis quelques années.

En ce qui concerne sa présence dans les services de garde à l’enfance, les données sont encore plus rares. La seule étude canadienne a évalué que 1,2 % des enfants sont colonisés par le SARM-AC, alors que 24 % présentent du Staphylococcus aureus sensible.

Les facteurs qui favorisent l’acquisition du SARM-AC sont le surpeuplement, les contacts peau à peau, le partage d’effets personnels (ex. : serviettes, vêtements), la mauvaise hygiène personnelle et le fait d’être âgé de moins de 2 ans. Des éclosions ont été décrites dans des équipes sportives, des milieux carcéraux, des camps de militaires et parmi les gens ayant des contacts étroits avec les animaux.

Que faire en présence d’une personne infectée par le SARM-AC en service de garde?

La bactérie se transmet par contact avec une personne, un objet ou une surface contaminés.

Donc, pour prévenir le SARM-AC en service de garde, il faut mettre en place des mesures pour limiter la transmission de l’infection d’une personne à une autre. Ces mesures doivent être appliquées en tout temps, sans égard à l’organisme en cause. En effet, les personnes colonisées par le SARM-AC ne sont pas connues à moins qu’elles n’aient consulté pour une infection.

Les principales mesures à prendre sont :

  • Renseigner les enfants, le personnel et leur famille sur les bonnes pratiques d’hygiène de base, soit : le lavage des mains, les bains réguliers et l’hygiène respiratoire.
  • Nettoyer et recouvrir en tout temps les coupures, abrasions et égratignures.
  • Nettoyer et désinfecter quotidiennement les surfaces fréquemment touchées.
  • En présence d’une lésion suintante, recouvrir entièrement la plaie avec un pansement.
  • Éviter de partager les produits pour les soins de la peau, les serviettes et tous les articles personnels.
  • Jeter immédiatement les pansements ou articles souillés par un écoulement, sans contaminer l’environnement.
  • Se laver minutieusement les mains après avoir touché une lésion ou un objet possiblement contaminés.

L’exclusion du service de garde d’une personne atteinte de SARM-AC n’est pas justifiée. Par contre, si une plaie suintante ne peut être totalement couverte avec un pansement, il peut alors être envisagé d’exclure la personne.

Le SARM-AC est là pour rester, il faut simplement apprendre à composer avec ce microbe.

Dernière mise à jour :
1er mars 2011