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Le virus du Nil occidental (VNO)


Par Claire Béliveau, hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le virus du Nil occidental (VNO) a fait l'objet de nombreux reportages l'été dernier.Malheureusement, il risque à nouveau de hanter notre saison estivale. Bien que sa cible préférée soit les oiseaux (corbeaux, corneilles et geais bleus), il peut infecter accidentellement les chevaux et les humains et entraînerà l'occasion une encéphalite (inflammation du cerveau) pouvant s'avérer fatale.

L'épidémiologie

Le VNO n'est pas vraiment un nouveau virus. Il a été isolé pour la première fois chez une femme de la région du Nil occidental en Ouganda, en 1937, et en Amérique du Nord, dans la région de New York, en 1999. On croit qu'il aurait été importé aux É tats-Unis par des oiseaux migrateurs. Au cours des deux années suivant l'arrivée du VNO sur le continent nordaméricain, sa progression s'est poursuivie dans plus de 25 États de l'est américain, jusqu'en Floride. Notons qu'il a touché presque tous les États américains en 2002. Au Canada, les premiers cas chez des humains ont été signalés en Ontario le 30 août 2002, atteignant par la suite un total de 398 cas en cette seule année, survenus pour la plupart à la fin de l'été. Au Québec, seize cas ont été dénombrés dans les régions de Montréal, de Laval, de la Montérégie et des Laurentides.

La transmission

La transmission se produit par une piqûre de moustique infecté, lequel s'est préalablement nourri sur des oiseaux (sauvages ou domestiques) infectés par le virus. Ce dernier ne peut se transmettre d'une personne infectée à une autre, ni d'un oiseau ou d'un animal infecté à une personne.

Les manifestations cliniques

Le délai entre la piqûre du moustique infecté et l'apparition de la maladie est de trois à quinze jours. Chez l'humain, l'infection passe le plus souvent inaperçue, mais elle peut également donner des symptômes qui ressemblent à la grippe, soit de la fièvre accompagnée de maux de tête, de fatigue et de douleurs articulaires. Rarement, des atteintes neurologiques graves, telle l'encéphalite, peuvent se manifester avec des symptômes comme de la confusion, une faiblesse musculaire ou une paralysie subite, accompagnés de fièvre. La plupart des infections sévères sont survenues chez des personnes de plus de 65 ans ou affaiblies par des maladies (ex.: cancer). Très peu de cas ont été diagnostiqués chez les enfants.

Le diagnostic

Le diagnostic est basé sur des tests de laboratoire spécialisés faits sur le sang et le liquide céphalorachidien (liquide recueilli par une ponction lombaire). Les échantillons doivent être acheminés vers un laboratoire spécialisé où ils seront analysés.

Le traitement

Aucun traitement spécifique contre l'infection causée par le VNO n'est disponible pour le moment.

La prévention

Il est important de se protéger contre les piqûres de moustiques, particulièrement durant les périodes où ils sont les plus actifs, soit tôt le matin ou à la tombée du jour, et d'éviter les habitats infestés, de porter des vêtements protecteurs tissés serrés, longs, de couleur claire, sans oublier des chaussettes, des souliers et un chapeau, et d'utiliser des insectifuges.

Comme une seule piqûre de moustique infecté peut entraîner la transmission de la maladie, il faut connaître les insectifuges efficaces qui offrent une protection suffisamment prolongée contre les piqûres de moustiques. Des détails sur ce sujet se trouvent dans la boîte à outil. Il est également recommandé d'avoir des moustiquaires en bon é tat aux portes et aux fenêtres des maisons, des tentes et des abris de camping et d'éliminer ou d'empêcher toute accumulation d'eau stagnante dans des pneus, des vases ou tout autre contenant pouvant se trouver autour des habitats.

L'utilisation des larvicides (pour tuer les moustiques avant leur envol) et l'application d'insecticides sont des mesures de contrôle complémentaires. Elles seront utilisées en 2003 dans certaines régions du Québec jugées plus à risque.

Un vaccin est actuellement à l'étude. Les essais chez les animaux ont révélé qu'il était sûr et efficace. Des essais chez l'être humain devraient débuter l'été prochain.

Conclusion

L'expérience des épidémies antérieures aux États-Unis causées par le VNO nous a appris que les infections chez l'humain apparaissent quelques semaines après l'observation d'un haut taux de mortalité chez les oiseaux. Au cours de la prochaine saison estivale, une attention particulière sera accordée au nombre de décès rapportés chez les oiseaux et au nombre de moustiques chez lesquels le VNO sera isolé.

Plus que jamais cette année, nous recommandons d'appliquer toutes les mesures nécessaires pour éloigner les moustiques.

Dernière mise à jour :
30 avril 2009