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L’immunisation est-elle sécuritaire ? (Deuxième partie)


Par Yves Robert, M.D. M. Sc., médecin-conseil en maladies infectieuses, ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec

Lire la première partie

Les préoccupations de la population au sujet de la sécurité des vaccins administrés à nos tout-petits et les réactions de la communauté scientifique.

L'Organisation mondiale de la santé a formé en 1999 un comité international sur la sécurité vaccinale pour coordonner les recherches et l'investigation en matière de sécurité vaccinale sur le plan international. De plus, elle a invité les pays membres à intégrer des systèmes de surveillance et d'intervention à leurs programmes nationaux d'immunisation. De tels systèmes existent au Canada et au Québec depuis près de quinze ans.

Aux États-Unis, un organisme scientifique indépendant, l'Institute of Medicine (IOM), a reçu, du Congrès américain, le mandat de créer une structure permanente de révision des questions de sécurité vaccinale et de présenter des rapports sur ces questions aux autorités politiques et de santé publique. L'IOM a donc créé, le 11 janvier 2001, l'Immunization Safety Review Committee, comité d'experts permanent et indépendant n'ayant aucun intérêt commercial ou autre dans les programmes d'immunisation. La démarche de ce comité est exhaustive et rigoureuse et ses rapports font autorité en la matière. Il tient périodiquement des audiences publiques où toute personne ayant des données sur le sujet étudié est invitée à les présenter. Le comité a déjà produit plusieurs rapports sur différents sujets, dont :

  • le vaccin rougeole-rubéoleoreillons et l'autisme;
  • les vaccins contenant du thimérosal et leurs effets
    sur le développement neurologique;
  • les immunisations multiples et les troubles immunitaires;
  • le vaccin contre l'hépatite B et les désordres neurologiques.

Voici un résumé des principales conclusions sur ces sujets. Le vaccin combiné contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (RRO) et son lien présumé avec l'autisme

L'hypothèse d'un lien entre le vaccin combiné RRO et l'autisme a été soulevée en février 1998 par une équipe britannique, qui avait observé des particules virales dans l'intestin de huit enfants atteints d'un syndrome associé à l'autisme et qui avaient reçu le vaccin RRO. La méthodologie de l'étude ne permettait pas d'établir un lien de cause à effet, ce qu'avaient reconnu les auteurs de l'article. Toutefois, le doute était semé, et la couverture médiatique qui a suivi a suscité de sérieuses préoccupations, au point que l'on a observé une réduction du nombre de personnes vaccinées en Grande-Bretagne, et la réapparition consécutive d'épidémies de rougeole.

L'Institute of Medicine ne retient pas l'hypothèse d'un lien de causalité entre les vaccinations multiples et le risque accru d'infections ou le diabète.
La même équipe de chercheurs a publié d'autres données à ce propos, mais aucun des nouveaux articles ne révélait une méthodologie assez fiable pour confirmer le lien de causalité. Par contre, plusieurs autres équipes de chercheurs dans le monde ont effectué des études méthodologiquement plus solides pour tester cette hypothèse. Les résultats de ces études indépendantes sont unanimes : il n'y a pas de lien de causalité entre l'administration du vaccin RRO et l'autisme. Rappelons qu'avant l'introduction de ce vaccin dans les programmes d'immunisation en 1976, on comptait chaque année au Québec environ 100 000 cas de rougeole. Depuis l'ajout, en 1996, d'une deuxième dose dans le calendrier régulier d'immunisation, les seuls cas de rougeole déclarés proviennent de l'étranger ou surviennent dans des communautés restreintes non immunisées. Compte tenu des avantages de l'immunisation et du fait qu'on n'a pas établi de lien de causalité, les organismes consultatifs de santé publique nationaux et internationaux recommandent de ne pas modifier les programmes actuels d'immunisation.

Le thimérosal et l'autisme, ou les problèmes de développement neurologique

Le thimérosal est un antiseptique à base de mercure que l'on trouvait dans certaines fioles de vaccins contenant plus d'une dose pour éviter la contamination lors du prélèvement.

On sait que le mercure est présent dans l'environnement et que l'exposition chronique à des quantités élevées de ce produit peut causer une intoxication susceptible de faire apparaître des symptômes neurologiques. Comme les quantités de mercure qui étaient contenues dans les fioles multidoses étaient minimes et l'exposition ponctuelle, rien n'indique que ces quantités aient augmenté de façon significative l'exposition naturelle de l'être humain au mercure. L'Institute of Medicine a conclu qu'aucune donnée scientifique ne prouve que la présence de thimérosal dans certains vaccins est dangereuse.

Malgré tout, depuis le début des années 1990, les vaccins distribués au Canada sont en format « unidose » et ne contiennent donc aucun produit antiseptique.

L'administration de plusieurs vaccins et le dysfonctionnement du système immunitaire

L'arrivée de plusieurs nouveaux vaccins, au cours des dernières années, inquiète certains parents qui craignent que cette apparente « surexposition » immunitaire provoque des dysfonctions, tels le diabète ou des symptômes allergiques comme l'asthme, dont on a d'ailleurs constaté l'augmentation.

L'Institute of Medicine ne retient pas l'hypothèse d'un lien de causalité entre les vaccinations multiples et le risque accru d'infections ou le diabète. Quant aux allergies et à l'asthme, les données disponibles ne permettent ni de confirmer ni d'infirmer un lien causal avec les immunisations multiples.

Rappelons que nous vaccinons contre un plus grand nombre de maladies maintenant qu'il y a 30 ans en utilisant beaucoup moins d'antigènes puisque les vaccins sont plus purifiés.

Le vaccin contre l'hépatite B et la sclérose en plaques

En 1998, le gouvernement français a surpris toute la communauté scientifique en suspendant la vaccination contre l'hépatite B sur la foi d'allégations faisant état d'une relation causale entre ce vaccin et l'apparition de la sclérose en plaques.

Depuis, le gouvernement français s'est ravisé et il a repris son programme d'immunisation, fondant sa décision sur de nombreuses études épidémiologiques méthodologiquement impeccables qui ont démontré que ce lien n'existe pas, ce qui est d'ailleurs aussi la conclusion de l'IOM publiée en mai 2002.

Conclusion

Les programmes d'immunisation sont victimes de leur succès. La disparition des maladies visées par les programmes masque les bienfaits de ceux-ci au profit des craintes des effets secondaires possibles des vaccins. Les efforts de surveillance des manifestations cliniques liées à l'immunisation et les recherches sur les sujets qui préoccupent la population permettent de confirmer l'efficacité et la sécurité des produits immunisants.

Pour plus d'information sur l'immunisation, vous pouvez consulter les sites Web suivants :

  • www.iom.edu (site de l'Immunization Safety Review Committee de
    l'Institute of Medicine, comité chargé de vérifier la sécurité des immunisations)
  • www.immunizationinfo.org (site du réseau national d'information sur l'immunisation
    [National Network for Immunization Information])
  • www.msss.gouv.qc.ca (site du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec)

(1) La meilleure étude à cet égard a été publiée récemment. Elle constitue la preuve, la plus forte actuellement disponible, qu'il n'y a aucun lien de causalité (NEJM 347(19): 1477-1482,
(7 novembre 2002).

Dernière mise à jour :
30 avril 2009