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Centres de la petite enfance et garderies

 
Les enfants plus vulnérables aux infections


Par Valérie Lamarre, hôpital Sainte-Justine

De plus en plus de petits Québécois, dont certains présentent divers problèmes de santé les rendant plus vulnérables aux infections, sont appelés à vivre la grande aventure des services de garde . Nous présentons, ici, quelques conditions et infections parmi les plus communes et des mesures qui peuvent en diminuer les risques.

Les bébés de moins de trois mois

Les services de garde au Québec peuvent offrir des services à de très jeunes bébés. La culture populaire laisse croire que ceux-ci n'attrapent pas d'infections : c'est totalement FAUX. Même s'ils sont en partie protégés par les anticorps transmis par la mère, cela ne les empêche pas de contracter des infections des voies respiratoires supérieures comme le rhume ou la grippe, des gastroentérites et autres (que la mère peut aussi attraper, d'ailleurs). Ce qui est particulier aux petits bébés n'est pas leur vulnérabilité aux infections mais plutôt la gravité de celles-ci.

En effet, un nourrisson a du mal à respirer autrement que par le nez. La banale congestion nasale associée à un rhume le rendra donc inconfortable lors des boires, amenant ainsi un risque de fatigue respiratoire et de déshydratation. De plus, lorsque le très jeune bébé fait de la fièvre, il est habituellement plus prudent de consulter un médecin afin de prévenir le présence d'une infection plus grave.

La gastroentérite est aussi un problème fréquent pouvant être plus sérieux chez le très jeune bébé, puisqu'il se déshydrate plus facilement que l'enfant plus âgé. Compte tenu de ces circonstances, il est d'autant plus important d'éviter, dans la mesure du possible, la transmission des infections. Les mesures d'hygiène habituelles (lavage des mains, nettoyage et désinfection, changement de couche selon une technique hygiénique, aération des locaux) doivent être rigoureusement appliquées. La garde des petits poupons dans un local séparé des enfants plus âgés est également une mesure préventive efficace, particulièrement dans les services de garde en installation.

Les anciens prématurés

Les enfants nés avant terme courent un plus grand risque d'être hospitalisés lorsqu'ils contractent une bronchiolite à virus respiratoire syncitial. Leurs parents doivent discuter avec leur pédiatre pour choisir le service de garde le plus approprié et pour qu'un traitement préventif soit donné, s'il est indiqué. Des produits à base d'anticorps peuvent leur être administrés une fois par mois pendant la saison d'activité de ce virus (automne-hiver) afin de prévenir l'infection.

L'eczéma

L'enfant présentant des lésions actives d'eczéma est plus susceptible d'acquérir des infections de la peau puisque la barrière naturelle n'est plus intacte. Les staphylocoques et streptocoques ont donc l'opportunité de pénétrer plus facilement la peau et de causer une infection (cellulite, impétigo). Une hygiène personnelle accrue et un meilleur contrôle de la maladie contribuent à diminuer le risque de surinfection.

Le virus de l'herpès peut lui aussi profiter de ce bris de la barrière naturelle. Il se transmet assez facilement par la salive en service de garde, causant, lorsque l'enfant est en contact avec le virus pour la première fois, des lésions douloureuses dans la bouche, accompagnées de salivation excessive et, parfois, de la difficulté à s'alimenter. Cette affection est la plupart du temps banale et ne nécessite pas forcément une exclusion du service de garde de l'enfant atteint. Certains vont par la suite réactiver le virus sous forme de feux sauvages.

L'enfant atteint d'eczéma actif peut acquérir une infection au virus de l'herpès qui se manifeste par des lésions bulleuses. Il n'est pas rare de confondre un tel épisode avec une exacerbation de l'eczéma et augmenter les applications de crème topique de stéroïdes, aidant le virus à se propager davantage et créant ainsi un cercle vicieux. Vis-à-vis une détérioration d'un eczéma, on suggère de consulter un médecin qui verra à diagnostiquer s'il s'agit bien d'une infection herpétique de la peau et, le cas échéant, prescrira le traitement approprié.

Il est donc important de minimiser les contacts entre les sécrétions de l'enfant souffrant d'une infection herpétique et l'enfant eczémateux, d'informer les parents de la présence du virus de l'herpès au service de garde.
Voilà donc quelques exemples de situations qui rendent les enfants plus vulnérables aux infections. Certaines mesures peuvent diminuer ces risques d'infection. La clef de l'approche préventive dans ces cas dépend de la communication entre les parents, le service de garde et le système de santé.

Dernière mise à jour :
30 avril 2009