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Centres de la petite enfance et garderies

 
Les animaux dans les centres de la petite enfance


Par Pierre Déry, Centre hospitalier universitaire de Québec, pavillon CHUL

De tout temps, les animaux ont été les compagnons de l'homme. Il est reconnu que prendre soin d'un animal apporte beaucoup de plaisir à un enfant. Récemment, le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) a mis sur pied un projet-pilote pour aider l'enfant hospitalisé à mieux supporter sa maladie et les traitements ainsi que pour réduire l'anxiété reliée à l'hospitalisation. À cinquante-trois reprises, des enfants hospitalisés en hémato-oncologie (où se font l'investigation et le traitement des maladies sanguines et du cancer) ont pu passer une journée à l'hôpital avec un chien. C'est le principe de la zoothérapie permettant aux enfants de retirer les bienfaits de la présence d'un animal. Ce projet a cependant nécessité le respect de plusieurs conditions nécessaires à la santé et à la sécurité des enfants, en particulier l'évaluation, par un vétérinaire, du tempérament du chien et de son attitude envers les enfants.

Par ailleurs, les experts de la santé recommandent que les animaux ne soient pas tolérés dans les écoles, sauf si l'établissement dispose d'un local isolé, aéré et comportant une antichambre.

Dans les centres de la petite enfance et les garderies, il est à peu près impossible de respecter les conditions qui permettraient la présence d'animaux en raison des caractéristiques des enfants fréquentant ce milieu, soit l'âge, les habitudes d'hygiène et la fréquence de certains problèmes de santé comme les allergies et l'asthme. C'est pour ces raisons que l'article 78 du Règlement sur les centres de la petite enfance et l'article 30 du Règlement sur les garderies interdisent la présence d'animaux.

Le risque d'allergies

Les chats et les chiens causent souvent des allergies, mais également les petits rongeurs et les oiseaux.
L'allergie est sûrement le risque le plus important. Elle se manifeste sous diverses formes : asthme, rhinite (affection du nez) et urticaire. Les pellicules, la salive, les plumes ou les poils, les excréments des animaux peuvent tous être à l'origine du problème.

L'allergie aux animaux est fréquente et le problème augmente avec l'âge. Le pourcentage d'enfants âgés de moins de 4 ans présentant une allergie aux chats et aux chiens est de 12 %.

La présence d'animaux peut cependant sensibiliser des personnes n'ayant pas d'allergie connue. Dans un service de garde, il y aurait donc un risque de sensibiliser non seulement les enfants mais aussi le personnel. L'asthme allergique dû aux animaux est d'ailleurs reconnu comme une maladie occupationnelle par la CSST. Plusieurs professionnels souffrant d'asthme ont dû réorienter leur carrière (vétérinaires, techniciens de laboratoire travaillant avec des animaux, infirmières dans des centres gériatriques où se pratique la zoothérapie).

L'asthme est dû aux substances associées aux protéines (allergènes protéiques) dégagées par les animaux et qui, une fois inhalées, peuvent se loger dans les bronches et provoquer une réaction allergique. Cette atteinte des bronches peut prendre des années à guérir, même en l'absence de contact avec les animaux. Si l'exposition est prolongée, l'atteinte des bronches peut devenir chronique et persistante.

Les chats et les chiens causent souvent des allergies, mais également les petits rongeurs (hamsters, lapins et souris) et les oiseaux (en particulier les perruches, les perroquets et les tourterelles), bien que moins fréquemment. En fait, il n'existe pas un seul animal susceptible de ne provoquer aucune allergie (anallergique).

La visite d'un animal à un service de garde, même d'une courte durée, est déconseillée car, les allergènes laissés par l'animal peuvent demeurer plusieurs mois dans l'environnement.
Un contact direct avec les animaux n'est pas absolument requis pour déclencher des symptômes allergiques. Les enfants allergiques doivent donc être exclus des activités se déroulant dans les locaux où des animaux sont présents, les allergènes en circulation dans l'air ambiant étant suffisants pour susciter l'allergie des personnes sensibles.

Le risque d'infections

Les maladies infectieuses ou parasitaires des animaux transmissibles à l'homme sont appelées zoonoses et se transmettent par les selles ou l'urine (ex. : la salmonellose), par contact avec la peau (ex. : les affections de la peau dues à des champignons parasites et appelées dermatophytoses), par morsure, par griffure (maladie de la griffure de chat) ou par inhalation.
Ces maladies sont véhiculées le plus souvent par les chats, les chiens et les tortues aquatiques. Habituellement, l'animal à l'origine de l'infection paraît en bonne santé. Cependant, le risque d'attraper ces maladies, en particulier celles transmises par voie fécale-orale, est plus élevé chez les enfants, à cause de la nature étroite des contacts qu'ils ont avec leur animal.

Le risque de blessures

Les morsures sont les blessures les plus fréquentes causées par les animaux. Même si les lésions sont souvent superficielles, elles peuvent s'infecter, parfois mutiler et même avoir une issue plus dramatique encore.

Recommandations

Les services de garde ne sont donc pas des lieux appropriés pour apprivoiser ou côtoyer les animaux. La présence d'animaux est à proscrire, même en milieu familial.

La visite d'un animal à un service de garde, même d'une courte durée, est déconseillée car, les allergènes laissés par l'animal peuvent demeurer plusieurs mois dans l'environnement. Il sera plus simple d'organiser la visite d'un zoo ou d'une ferme. On doit cependant, au préalable, en avertir les parents qui pourront au besoin décider de garder leurs enfants à la maison.

Dernière mise à jour :
30 avril 2009