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Centres de la petite enfance et garderies

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Camille fait de la fièvre ce matin : peut-elle fréquenter le service de garde ?


Par Sylvie Provost, Direction de la santé publique des Laurentides

Un jour ou l'autre, les parents dont l'enfant fréquente un service de garde sont confrontés à l'épineuse question de l'exclusion en cas de maladie. Quel casse-tête pour les parents, alors que l'exclusion de l'enfant du service de garde pose d'importants problèmes d'organisation familiale et professionnelle ! Cependant, l'exclusion de l'enfant malade est-elle toujours nécessaire ? Dans quel cas devrait-on exclure l'enfant malade du service de garde ? Cet article vise à cerner les principales questions liées à l'exclusion.

Pourquoi exclure ?

Deux raisons fondamentales sont à la base des politiques d'exclusion en service de garde.

D'abord : le bien-être de l'enfant lui-même...

En effet, l'enfant malade n'est souvent pas en mesure de participer aux activités du groupe. La capacité des services de garde à prendre soin des enfants malades est non seulement limitée mais également variable d'un endroit à l'autre, ce qui explique les différences des politiques d'exclusion entre les services de garde.

Deuxièmement : la protection des autres personnes fréquentant le service de garde.

L'enfant souffrant d'une maladie contagieuse risque de transmettre ses microbes à son entourage. L'exclusion vise aussi à interrompre la transmission de l'infection en éloignant l'enfant malade.

Quand doit-on exclure ?

Pour être efficace, l'exclusion de l'enfant malade doit être appliquée au moment où la maladie est plus contagieuse. Pour certains maux comme le rhume, la 5e maladie ou la varicelle, l'exclusion n'est pas efficace puisque la période de plus grande contagiosité survient surtout avant l'apparition des symptômes. Quand les symptômes apparaissent, il est alors trop tard pour empêcher la transmission de l'infection.

Boîte de mouchoirsL'exclusion est donc justifiée lorsque la période de contagiosité de la maladie est facilement identifiable, que le risque de transmission est important et que la maladie est suffisamment sérieuse. Sa durée dépendra de la maladie ou des recommandations du médecin. Par exemple, un enfant atteint de coqueluche à qui le médecin a prescrit un antibiotique pourra retourner au service de garde cinq jours après le début de la médication. Cependant, si l'enfant n'a pas suivi le traitement, il devra rester à la maison jusqu'à trois semaines après le début des quintes de toux.

Compte tenu des contraintes qu'elle impose aux parents, l'exclusion devra être la plus courte possible et devra être appliquée de façon uniforme dans le service de garde (pour une maladie infectieuse donnée, les consignes d'exclusion doivent être les mêmes pour tous les enfants). L'affiche « Les infections en milieu de garde », qui vous a été distribuée récemment, illustre bien les critères d'exclusion pour les maladies les plus fréquentes en service de garde.

En absence d'un diagnostic, on recommandera de garder à la maison l'enfant qui présente :

  • de la diarrhée et...
    • qui n'est pas capable de prendre part aux activités régulières,
    • qui vomit ou fait de la fièvre,
    • qui présente des diarrhées abondantes ou du sang dans ses selles;
  • de la fièvre à 39 ºC (102 ºF) ou plus;
  • des rougeurs non expliquées.

Une consultation médicale sera alors recommandée pour permettre de préciser le diagnostic. Il est important de rappeler aux parents de mentionner, lors de la consultation médicale, que l'enfant fréquente un service de garde... et de ne pas oublier d'aviser le service de garde si l'enfant souffre d'une maladie contagieuse !

En définitive, l'exclusion de l'enfant malade demeure une mesure exceptionnelle. Chaque service de garde devrait se doter d'une politique d'exclusion qui tient compte à la fois du bien-être de l'enfant, des risques de contagion et des besoins des parents. En plus, il devrait s'assurer de l'application d'une politique d'hygiène des personnes (eh oui, toujours le lavage des mains !) et du milieu, car il s'agit du principal moyen pour contrôler les infections en milieu de garde.

 

Dernière mise à jour :
29 mai 2009