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Centres de la petite enfance et garderies

 
Les piqûres d’aiguille dans la communauté: quand ça pique, pas de panique!


Par Denis Blais et Valérie Lamarre, Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Sainte-Justine

Lorsqu’un enfant se pique accidentellement avec une aiguille abandonnée dans un lieu public comme un parc ou une ruelle, on assiste souvent à un chaos généré par une grande anxiété des parents et des intervenants. Ce qui inquiète, évidemment, c’est que l’aiguille puisse contenir du sang contaminé et transmettre des infections causées par les virus de l’hépatite B, de l’hépatite C ou de l’immunodéficience humaine (VIH).

Quels sont les risques de transmission ?

Les seules données fiables concernant le risque d’attraper une infection transmissible par le sang à la suite d’une piqûre accidentelle nous proviennent des études faites chez les travailleurs de la santé. Dans ce contexte, le risque de transmission est faible, les principaux facteurs de risque étant la présence de sang frais dans la seringue et la profondeur de
la blessure. Heureusement, ils sont encore plus bas lorsqu’il s’agit de piqûres avec des aiguilles abandonnées dans la communauté, puisque le sang est souvent séché et en infime quantité. Bonne nouvelle : depuis dix ans au CHU Sainte- Justine, aucun cas de transmission n’a été observé chez la centaine d’enfants suivis à la suite d’une piqûre accidentelle.

Il ne faut pas oublier aussi le risque de contracter le tétanos suite à une blessure causée par une aiguille contaminée par de la poussière ou de la terre.

Un enfant se pique : que faire ?

  1. Examinez la blessure de l’enfant. Faites saigner la plaie légèrement avec le moins de pression possible et nettoyez-la avec de l’eau et du savon.
  2. Si possible, ramassez la seringue et disposez-en de manière sécuritaire dans un contenant rigide afin d’éviter qu’une autre personne ne se pique. Idéalement, manipulez l’objet avec des pinces. Notez l’absence ou la présence de sang frais ou séché dans la seringue ou sur l’aiguille ainsi que l’endroit exact où la seringue a été trouvée (ex. : clinique médicale, ruelle, parc, quartier...).
  3. Avisez les parents de l’enfant de la situation et des démarches à suivre.
  4. Orientez l’enfant sans délai vers un établissement de soins pour évaluation médicale, avec vos observations écrites. Si possible, laissez un numéro de téléphone pour vous joindre ainsi que les coordonnées des parents. Il peut être utile pour le médecin de discuter de vive voix avec l’éducatrice qui était présente au moment de l’accident.

Quelle sera la prise en charge ?

Le médecin évaluera les facteurs de risque liés à l’enfant (type de blessure, statut vaccinal de l’enfant) et ceux liés à l’aiguille (taille, provenance : site fréquenté par des utilisateurs de drogues intraveineuses, présence de sang). Après avoir recueilli toute l’information, il estimera le risque que l’enfant contracte une infection transmissible par le sang. Selon ce risque et après discussion avec les parents, certaines interventions seront suggérées, comme des prises de sang, une vaccination contre l’hépatite B et le tétanos ou, plus rarement, la prescription de médicaments contre le VIH. Ces interventions, lorsqu’elles sont nécessaires, sont plus efficaces si elles sont instaurées rapidement après la blessure.

Éducation en milieu de garde

Les éducatrices des services de garde à l’enfance ont un rôle essentiel dans la prévention des piqûres d’aiguille chez les enfants. Elles peuvent :

apprendre aux enfants à ne pas toucher aux seringues abandonnées. Certains outils pédagogiques, comme les affiches du ministère de la Santé et des Services sociaux, peuvent être utilisés;
inspecter l’aire de jeu des enfants avant que ceux-ci s’y trouvent (la cour, le carré de sable...);
prêter une attention particulière, et regarder sous les bancs de parc ainsi qu’autour des arbres et buissons et des points d’eau au cours des sorties avec les enfants dans un lieu public.

Conclusion

Les piqûres d’aiguille accidentelles chez les enfants entraînent un très faible risque de transmission d’infections comme les hépatites et le VIH. Néanmoins, elles doivent être prises en charge rapidement. Les éducatrices des centres de la petite enfance apportent une contribution essentielle à la prévention de ces accidents.

Dernière mise à jour :
30 avril 2009